Comment encourager la lecture chez les élèves tout en faisant vivre la langue française à l’international ? Au Proche-Orient, dans un contexte culturel et linguistique particulièrement riche, les Petits champions de la lecture s’impose comme un levier puissant pour développer le goût de lire, renforcer l’expression orale et faire rayonner la francophonie.
Un contexte culturel à fort potentiel
La zone se distingue par son attachement historique aux lettres et à la culture, notamment au Liban. La littérature jeunesse y occupe une place importante, portée par un environnement éducatif dynamique et par la présence régulière d’auteurs et d’autrices dans les écoles. Des événements comme le festival Beyrouth Livres (octobre 2025) illustrent cette vitalité en favorisant les rencontres entre jeunes lecteurs et créateurs.
Cet ancrage culturel explique en partie l’enthousiasme suscité par Les Petits champions de la lecture. L’édition récente a connu une progression remarquable, avec plus de 90 % d’augmentation de la participation et 72 finalistes, dont deux élèves venus de Syrie. Les finales pays ont par ailleurs accueilli des personnalités littéraires de renom, comme Saria Moutran ou encore Caroline Torbey.
Les Petits champions de la lecture : un dispositif qui donne envie de lire
À l’étranger, comme en France, les Petits champions de la lecture remplissent plusieurs objectifs essentiels. Le premier : transmettre le plaisir de lire. À travers la lecture à voix haute, les élèves découvrent les textes autrement, s’approprient les histoires et développent leur imaginaire. Le projet permet également de valoriser les établissements scolaires. Dans un environnement avec plusieurs écoles homologuées de l’AEFE, il offre une visibilité supplémentaire aux écoles engagées dans des projets pédagogiques autour de la lecture et de la langue française.
Mais surtout, le dispositif joue un rôle clé dans la promotion de la francophonie. Avec environ 35 % de locuteurs francophones au Liban, encourager la pratique du français est un enjeu important. Grâce aux lectures, les élèves font vivre la langue de manière concrète, devant leurs camarades et leurs familles.
Lecture à voix haute : des bénéfices visibles chez les élèves
Les enseignants observent des effets très positifs chez les participants. Le niveau de lecture en français est globalement très bon, notamment sur le plan technique. L’un des principaux axes de progression reste l’expressivité, qui se développe progressivement grâce à la pratique régulière de la lecture à voix haute.
L’engagement des élèves est également un point fort. Les finales d’établissement mobilisent largement les classes et créent un véritable engouement autour des livres. Lire devient un moment attendu, partagé, valorisé.
Un projet adapté à un environnement plurilingue
Le Liban est un pays où le plurilinguisme est la norme. Dès le plus jeune âge, les élèves évoluent entre plusieurs langues. Cette richesse linguistique se retrouve dans leur manière de lire en français.
Les prestations des élèves se caractérisent par une grande diversité d’accents et d’intonations, selon les régions et les parcours. Cette variété donne une dimension particulière aux lectures et témoigne de l’appropriation vivante de la langue française. Loin d’être un frein, ce plurilinguisme devient une force. Il permet aux élèves de développer une sensibilité aux langues et de s’exprimer avec singularité.
« Les libanais sont tous trilingues dès la maternelle, la sonorité libanaise de la langue française a fait ressortir cette belle variété de styles linguistiques, avec la diversité des accents selon les régions de la Zone Proche-Orient » Loïc Brillet, Conseiller pédagogique auprès de l’IEN – Zone Proche-Orient
Faire rayonner la langue française et la francophonie
Au-delà des compétences développées, Les Petits champions de la lecture participent pleinement au rayonnement de la langue française à l’international. Lors des finales, les élèves lisent devant un public souvent composé de parents non francophones.
Ces moments deviennent alors des espaces de découverte et de partage. À travers les textes, majoritairement issus de la littérature francophone, la langue française se diffuse, se fait entendre et se transmet.
Le projet s’impose ainsi comme un marqueur fort de la francophonie au Liban. Il montre que le français est une langue vivante, portée par les jeunes générations.
« Ce projet est un marqueur très fort de la francophonie pour la ZPO, les élèves ont pu montrer leur excellente maîtrise du français devant un public de parents qui eux ne sont pas toujours francophones. À travers les lectures, ce sont ainsi la langue française et les œuvres littéraires, très majoritairement francophones, qui permettent le rayonnement de la langue française. » Loïc Brillet, Conseiller pédagogique auprès de l’IEN – Zone Proche-Orient