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Interview de Valentine Goby – autrice et membre de la SOFIA

Valentine Goby
©Renaud Monfourny

Les Petits champions de la lecture, c’est avant tout une aventure humaine. Découvrons aujourd’hui Valentine Goby, autrice et membre du Conseil d’Administration de la SOFIA, organisme partenaire des Petits champions depuis la création du jeu.

 

1 interview pour découvrir une femme et sa passion,

8 réponses pour vous donner envie de lire !

  1. Bonjour Valentine, qui êtes-vous ?

Je m’appelle Valentine Goby, je suis autrice, j’écris des livres pour les jeunes et les adultes. J’adore transmettre ma passion des livres et de l’écriture, partout (établissements scolaires, prison, hôpital, bibliothèques, théâtres…).

 

  1. La SOFIA, qu’est-ce que ça veut dire ? Quel est son rôle ?

La SOFIA (Société Française des Intérêts des Auteurs de l’écrit) a un rôle très important. Elle a plusieurs missions concernant les acteurs du livre et la vie culturelle. Aux auteurs et aux éditeurs, par exemple, elle reverse le droit de prêt en bibliothèque, prélevé sur les ventes de livres. Les sommes collectées permettent aussi de financer une partie de la retraite complémentaire des auteurs (eh oui, auteur est un métier !). L’une des missions les plus importantes de la SOFIA est également de financer des actions culturelles sur tout le territoire français, presque 400 manifestations sont ainsi concernées.

 

  1. Pourriez-vous nous dire quelques mots sur le volet action culturelle de la SOFIA ?

C’est une mission passionnante ! Nous recevons des centaines de demandes de subventions, principalement pour des festivals du livre, aussi bien généralistes que plus spécialisés (BD, jeunesse, poésie…), de toutes petites associations en territoire rural comme de gros festivals d’envergure nationale. Nous les finançons à hauteur de plus de 4 millions d’euros. Le poumon de la littérature, c’est l’échange, le partage, la rencontre avec les lecteurs. Notre pays est d’une richesse extraordinaire en événements, impliquant tous les publics, de toutes générations, et incluant très souvent les publics empêchés. Grâce à ces manifestations le livre est vivant, fabrique du vivre-ensemble, de la pensée en mouvement. C’est une fierté de pouvoir y contribuer.

 

  1. Quelle est la différence majeure entre écrire pour des adultes et écrire pour des enfants ?

C’est une question difficile. Écrire pour les plus jeunes demande sans doute un dépouillement singulier de soi. Il faut se défaire de toute expérience, du savoir accumulé avec le temps qui nous tient à distance de nos émotions. Retrouver une immédiateté qui souvent nous échappe. Excaver l’enfant qui est en nous, c’est renoncer à toute position de surplomb, de sachant, pour revenir à la découverte radicale. Et je trouve ça merveilleux et complexe.

 

  1. Comment avez-vous connu les Petits champions et qu’est-ce qui vous plaît dans cette aventure ?

J’ai eu la chance d’avoir un livre sélectionné en finale des Petits Champions, et j’ai trouvé l’aventure très excitante ! Je connaissais un peu cette manifestation à travers mes engagements dans les organisations d’auteurs, où j’ai milité plusieurs années, et j’ai été en relation régulière avec le Syndicat National de l’Edition qui portait le projet.

 

  1. Qu’est-ce que ça fait d’avoir eu l’un de ses livres lus en finale nationale ? Racontez-nous !

J’ai fait la groupie ! La jeune fille qui lisait un extrait de mon livre était très enthousiaste, et nous avons formé équipe tout de suite. C’était une expérience vraiment belle que d’être ensemble sur la scène du théâtre de la Comédie-Française, face aux enfants, éditeurs, journalistes, comédiens. La lecture à voix haute, c’est le moment où le texte s’incarne et se partage. Il n’est plus une aventure intime mais un bonheur collectif, et j’adore ça.

 

  1. Professeur de français, écrivaine, maître de conférences, chroniqueuse, etc. Vous exercez de multiples professions ! D’après vous, de quelle manière donne-t-on le goût de lire aux enfants ?

En cherchant le livre qui est pour eux. Il nous attend, tous, quelque part. Je dis souvent aux enfants qu’affirmer ne pas aimer lire serait comme clamer qu’on n’aime pas manger. On a le droit de ne pas tout apprécier, il y a beaucoup de livres qui ne me touchent pas ; mais il existe des livres pour chacun. Il faut écouter l’enfant, s’interroger sur ses passions, son univers de référence. Il faut l’encourager à défier un libraire, un bibliothécaire, chiche que tu me fais aimer un livre ! Il faut enfin donner des mots, gratuitement, et la lecture à voix haute est essentielle à cet égard. J’ai lu à mes élèves en classe jusqu’à la troisième, à ma fille je lis encore et elle a 18 ans. Lire, c’est être relié.

 

8. Un dernier petit conseil d’expert à l’attention de nos Petits champions pour bien lire à voix haute ?

Il faut que le texte soit à vous. Pas le texte de l’auteur, pas la voix du personnage, mais la vôtre. Vous l’avez choisi, ce texte, pourquoi ? Qu’est-ce qui vous parle, vous touche, vous ressemble, vous interroge ? Quand vous pourrez le lire du fond de votre ventre, du fond de votre cœur, il deviendra vrai.

 

Valentine Goby est l’autrice de Le grand mensonge de la famille Pommerol. Son dernier roman jeunesse L’anguille est paru aux Editions Thierry Magnier. Et sa toute dernière nouveauté, Le chapeau charmant, est disponible dans la Collection Mouche de l’Ecole des loisirs.

En tant qu’autrice, Valentine Goby est également membre du Conseil d’Administration de la SOFIA. La SOFIA (Société Française des Intérêts des Auteurs de l’écrit) est un organisme de gestion collective, administré à parité par des auteurs et des éditeurs. Agréée par le ministère de la Culture en pour la gestion du droit de prêt, la SOFIA gère une partie de la rémunération de la copie privée numérique. Elle est aussi agréée pour gérer l’exploitation des livres indisponibles.

Depuis la création du jeu en 2012, la SOFIA soutient les Petits champions de la lecture au titre de son action culturelle.

Lancé en 2012, les Petits champions de la lecture proposent aux enfants et à leurs enseignants une aventure fondée sur le plaisir. Une expérience qui engage leur sensibilité mais aussi un jeu, susceptible de plaire aux garçons comme aux filles, et de donner leur chance à tous les enfants même ceux qui sont le plus éloignés du livre.

60 000 élèves partagent cette année le plaisir de lire à voix haute !

Merci 🚀


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